Deuxième lettre aux enfants critiques

 

Bonjour les enfants critiques !

Dans quelques jours, vous revenez à La maison derrière les arbres  !

 Comme la dernière fois, nous allons partager toute une journée ensemble, youpi !

Comme la dernière fois, vous serez les spectateur.trice.s privilégié.e.s de nos essais et recherches, expérimentations et répétitions de notre spectacle en cours de création, On a barboté sur Mars !

Dans le rôle du professeur K, vous allez découvrir un nouveau clown : Edouard !

Vous allez donc voir comment, avec les mêmes « ingrédients » (thème, dramaturgie, intentions et objectifs…) on arrive à des résultats très divers. Le clown d’Edouard a une personnalité bien différente de celui de Pierre et qui dit personnalité très différente dit univers très différent !

Je ne vous en dis pas plus, vous me direz ce que vous en pensez…

Sachez simplement que vous ne verrez pas le spectacle fini car nous avons besoin de dérouler un temps de travail plus long, qui débordera de votre année scolaire.

Mais pas de frustration !,  vous aurez l’occasion de voir le spectacle fini-fini en novembre, à l’occasion d’une petite tournée qu’il fera, non loin de chez vous, dans le Parc des Vosges du Nord…re-youpi !

Et comme la dernière fois, vous allez participer à un atelier de pratique artistique. Après Eric Lutz (en ce qui vous concerne, ô vous, les enfants critiques de Bouxwiller, car avec vous, ô enfants critiques de Baerenthal, c’est une chorégraphe, Marie-Anne Thil, qui en juin vous fera danser) et Marine Froeliger, vous allez rencontrer Emmanuel Rack, batteur-percussionniste !

Avec lui, vous inventerez une musique…de l’eau que vous interprèterez et enregistrerez !

Ces enregistrements viendront enrichir la maquette sonore des Vosges du Nord que sont en train de concocter nos camarades de 4èmeSEGPA aux côtés de Christian, leur enseignant et, bien sûr, Marine, notre plasticienne préférée !

À très vite,

Théâtralement vôtre,

Brigitte

Les sorties d’atelier du TOP

Les programmes 2017/2018 et 2018/2019 du ToP seront consacrés au thème qui fait l’objet de notre résidence avec le Parc : l’eau et les zones humides.
Plusieurs sorties seront programmées à l’occasion de manifestations diverses sur le territoire du Parc : Les Etincelles poétiques.



Spectacle 2016/2017 :

Titre : Etincelles II – L’agneau qui ne voulait pas être un mouton

Pour la huitième année de notre atelier, le TOP a pris à coeur de s’interroger sur l’autorité et sur la liberté de penser, des intérêts de la guerre en particulier et de la loi du plus fort en général. Autour de Ionesco, Brecht, Kant, Diderot, de La Boétie, et quelques autres….

Texte 1: Fable de l’homme invisible,Jacqueline Held
Textes 2, 3 et 4 : Rhinocéros, Jacques ou la soumission, 
L’avenir est dans les oeufs,Eugène Ionesco
Texte 5 : Qu’est-ce que les lumières?, Emmanuel Kant
Texte 6 : La résistible ascension d’Arturo Ui, Bertold Brecht, suivi de discours de Donald Trump
Texte 7 : Autorité politique, Denis Diderot
Texte 8 : Le loup et l’agneau, Jean de La Fontaine
Texte 9 : Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie
Texte 10 : Mère Courage et ses enfants, Bertold Brecht
Texte 11 : Je trahirai demain, Marianne Cohn
Texte 12 : L’agneau qui ne voulait pas être un mouton, Didier Jean
Texte 13 :  Ce que je crois, Albert Memmi
Texte 14 : Indignez-vous !, Stéphane Hessel

Direction d’acteurs, mise en scène : Brigitte Gonzalez
Chorégraphie : Eric Lutz
Composition musicale :Philippe Laussine
Interprétation, scandée et dansée : Geoffroy Barier, Delphine Bonnier, Véronique Brumm, Georges Gerlinger, Alexandra Klein, Odile Knobloch, Philippe Laussine, Christiane Rinck, Michèle Sidan, Chantal Sittler, Romane Stenger,  Antoine Toursel, Joëlle Vollmer, Claire Weigel, Huguette Wolf
Mise en lumières et régie:Claude Mathia
Avec le soutien de : La Drac Grand-Est, du Conseil Départemental du Bas-Rhin et du Cadhame-Halle verrière de Meisenthal.
Nos remerciements les plus chaleureux à Doris Minnerath et Martine Rimely pour le prêt de costumes de la troupe du Théâtre de Lichtenberg.



Spectacle 2015/2016 :

Titre : Etincelles

Pour la septième année de notre atelier (l’âge de raison ?), nous avons décidé de vous parler de femmes… déterminées ! Archétypes ou femmes bien réelles, d’hier ou d’aujourd’hui, femmes en butte à la phallocratie, femmes en lutte, femmes debout, femmes étincelles…

Chant 1: Les passantes (extrait)- Georges Brassens
Antigone (extraits)- Sophocle, Bauchau, Anouilh
La faute à Eve – Anne Sylvestre
Berta Cáceres – Blog de Kassandra, Mediapart
La chaussure, Je ne dis pas adieu, Une autre exilée, Les femmes sont des personnes – Eduardo Galeano
Shulekha – Taslima Nasreen
La joie de dire – Eduardo Galeano
Lysistrata (extrait) – Aristophane
Chant 2 : La grève des mères (extrait)Montéhus, Chantegrelet/Doubis
Journée de l’allaitement maternel, Les sorcières,
Hommages, La maman des femmes journalistes, La menace, La guillotine – Eduardo Galeano
Chant 3 : L’hymne des femmes – Sur l’air du Chant des  Marais, MLF, Rudi Goguel
Déclaration des droits de la femme – Olympe de Gouges

Direction d’acteurs, mise en scène : Brigitte Gonzalez
Assistanat à la direction d’acteurs :Christiane Rinck
Chorégraphie :Eric Lutz
Composition musicale :Philippe Laussine
Interprétation, scandée et dansée : Aurélia Barier, Geoffroy Barier, Delphine Bonnier, Véronique Brumm, Carole Burger, Carole Faullimmel, Rachel Freymann, Christelle Helmer, Alexandra Klein, Laura Klose, Odile Knobloch, Philippe Laussine, Vivianne Lotz, Régis Reinhardt, Christiane Rinck, Samir Salman, Michèle Sidan, Chantal Sittler, Romane Stenger, Antoine Toursel, Joëlle Vollmer, Huguette Wolf
Mise en lumières et régie: Vincent Frossard


Découvrez ici les photos de la présentation de notre travail d’atelier au festival « Demandez-nous la lune » 2016

Bienvenue aux enfants critiques 2018/19 !

Salut les enfants critiques !
Bienvenue à La maison derrière les arbres !

Dans quelques jours, à votre retour de vacances, vous allez venir chez nous, dans notre théâtre, La maison derrière les arbres à Reipertswiller …

Nous allons partager une journée entière ensemble !

Quelques mots sur notre programme, histoire de vous mettre l’eau à la bouche…

Vous allez découvrir un théâtre et les personnes qui y travaillent tous les jours, à la réalisation, production et diffusion de spectacles : Rachel, Mathieu, Vincent, Luc…et moi, mais vous me connaissez déjà !

Vous allez assister à une répétition de notre tout nouveau spectacle On a barboté sur Marsà une étape de notre travail de création

Vous verrez Pierre, le comédien sur scène, puis vous le rencontrerez à l’occasion d’un échange à l’issue de la répétition.

Un échange dont nous attendons beaucoup, un échange avec vos questions et vos idées qui nous permettront d’avancer dans notre construction du spectacle, pensez, c’est la première fois que nous montrerons une étape de notre travail, vous serez donc nos premiers spectateur.trice.s, des spectateur.trice.s privilégié.e.s, des enfants critiques !

Nous aurons aussi, bien sûr, l’occasion de manger ensemble, n’oubliez pas vos casse-croûtes ! Le moment du repas est un moment de convivialité, aussi, pensez à vos camarades et apportez quelque chose à partager !

Puis, dans la deuxième partie de la journée, vous rencontrerez Marine, qui est une artiste plasticienne,  au cours d’un atelier de pratique artistique. Si vous avez des tabliers, apportez-les, si non, une vieille chemise d’adulte fera très bien l’affaire !

À présent chuuuuuuut, je ne vous en dis pas plus…

Je me réjouis de vous accueillir très bientôt dans notre théâtre !

À bientôt !

Brigitte

La maison derrière les arbres : pourquoi ce nom ?

 Il y a deux grands arbres ; un platane et un érable, et quelques arbustes ; des noisetiers, des lauriers. Derrière les arbres, une maison. On l’appelle : « La maison derrière les arbres ». Oui, c’est le nom qu’on a fini par donner à cette maison. A vrai dire, notre maison, c’est un petit théâtre. A Reipertswiller, il y a très peu de théâtres. Il y a très peu d’arbres aussi ; je veux dire, dans le village même, parce qu’autour, ce n’est pas ce qui manque ; il n’y a d’ailleurs que ça, des arbres, tout autour ; ils y forment des forêts, touffues et surtout très belles et très profondes. Quand on parle de forêts touffues et mystérieuses, on a toujours envie d’ajouter « impénétrables ». Mais ici, ce n’est pas le cas, les chemins y sont même particulièrement bien entretenus ; trop d’ailleurs, mais cela est une autre histoire. Quand on dit « La maison derrière les arbres », c’est pour faciliter la tâche de nos futurs spectateurs, bien-sûr, mais aussi pour se faire désirer un peu ; d’abord on leur suggère que les arbres sont des bons repères pour trouver le théâtre, et ensuite qu’il leur faut chercher un peu. Ce n’est donc pas pour nous vanter des arbres qui se trouvent devant la maison qu’on l’appelle ainsi ; d’ailleurs, des arbres, il y en a aussi derrière, et même en plus grand nombre ; rien que pour ça, on aurait aussi bien pu l’appeler « La maison devant les arbres » ; mais, ces fameux arbres de derrière, comme la maison les cache à la vue, ne pourraient pas servir de repère pour trouver la maison ! A moins de trouver la maison d’abord et, grâce à elle, de trouver les arbres. Mais cela n’aurait aucun intérêt, puisqu’on l’aurait déjà trouvée, la maison. A bien y réfléchir, cela n’a même aucun sens. Aussi, pour éviter ces stériles circonlocutions, avons-nous appelé notre théâtre : « La maison derrière les arbres ». 

Du balcon qui orne sa façade, on aperçoit, par temps clair, le château de Lichtenberg. Par temps humide, on le distingue aussi ; même mieux ; mais alors, seule sa silhouette se découpe sur le ciel blafard en une sorte de saillie minérale, émergeant des sombres frondaisons qui coiffent la colline. Il fume souvent, d’une brume blanchâtre. C’est un peu notre Popocatepetl à nous, vous savez, le célèbre volcan mexicain ; mais sans les figuiers de barbarie qui, là-bas, fleurissent la sierra de leurs taches rouge-sang. D’ailleurs, c’est le plus souvent par temps gris qu’on le voit, le « château de Lichtenberg », car cette vision n’est vraiment possible qu’en hiver ; car les arbres devant la maison sont encore dépourvus de feuilles. Pendant les trois saisons restantes, on ne voit plus le château. On pourrait alors, appeler le « Lichtenberg », « Le château derrière les arbres », mais ce serait assez vain car seule la vue depuis notre balcon, finalement assez réduite, pourrait justifier ce nom, et encore, dans le seul cas, assez improbable, où il n’en aurait pas déjà, de nom. Mais il en a déjà un, et ce depuis fort longtemps, largement connu de tous les autochtones. Si d’aventure, il vous prenait un jour de venir nous rendre visite, cherchant les arbres qui cachent la maison, et de tenter d’affirmer : « Tiens, voici les fameux arbres, la maison doit à coup sûr se trouver derrière », il vous faudrait d’abord vous mettre en quête de la boulangerie du village ; nous sommes voisins, elle et nous ; au point que nous avons pensé appeler la maison « La maison à côté de la boulangerie », ce qui, après mûre réflexion, nous a paru manquer de précision, et aussi de poésie. En effet, plusieurs maisons pouvant, autant que la nôtre, revendiquer ce statut, il eût alors été nécessaire d’ajouter : « La maison du côté gauche de la boulangerie » ou « La maison du côté droit de la boulangerie » sans pour autant gagner en poésie, bien au contraire, pas plus qu’en précision d’ailleurs puisque, immanquablement, certains esprits chagrins en auraient profité pour nous rétorquer que la droite et la gauche sont des notions bien subjectives ; qu’elles changent en fonction du côté où l’on se trouve ; et que, tant qu’on y est, la notion de côté aussi est sujette à caution, car si l’on admet que, par chez nous, les maisons, y compris les boulangeries, ont à peu près toutes quatre côtés, l’on peut également considérer la maison de derrière et celle d’en face comme des maisons d’à côté. Dans ce cas, pour faire taire définitivement toute polémique, aurions-nous dû préciser que, parmi toutes les maisons à côté de la boulangerie, seule la nôtre se trouve derrière des arbres ! Force est de convenir qu’en l’appelant tout simplement « La maison derrière les arbres », nous avons habilement évité ces écueils. Cette appellation cache une autre habileté ; celle de souligner à la fois le caractère extraordinaire de cette maison – car après tout, qui pense à donner un nom aux maisons ordinaires ? – tout en en  dissimulant, au premier abord, sa véritable fonction ; en effet, et nous en faisons notre conclusion, il eût été d’une triste banalité de nous entendre annoncer, par exemple : bienvenue à « La maison derrière les arbres », qui, comme son nom l’indique, est un théâtre.