Deuxième lettre aux enfants critiques

 

Bonjour les enfants critiques !

Dans quelques jours, vous revenez à La maison derrière les arbres  !

 Comme la dernière fois, nous allons partager toute une journée ensemble, youpi !

Comme la dernière fois, vous serez les spectateur.trice.s privilégié.e.s de nos essais et recherches, expérimentations et répétitions de notre spectacle en cours de création, On a barboté sur Mars !

Dans le rôle du professeur K, vous allez découvrir un nouveau clown : Edouard !

Vous allez donc voir comment, avec les mêmes « ingrédients » (thème, dramaturgie, intentions et objectifs…) on arrive à des résultats très divers. Le clown d’Edouard a une personnalité bien différente de celui de Pierre et qui dit personnalité très différente dit univers très différent !

Je ne vous en dis pas plus, vous me direz ce que vous en pensez…

Sachez simplement que vous ne verrez pas le spectacle fini car nous avons besoin de dérouler un temps de travail plus long, qui débordera de votre année scolaire.

Mais pas de frustration !,  vous aurez l’occasion de voir le spectacle fini-fini en novembre, à l’occasion d’une petite tournée qu’il fera, non loin de chez vous, dans le Parc des Vosges du Nord…re-youpi !

Et comme la dernière fois, vous allez participer à un atelier de pratique artistique. Après Eric Lutz (en ce qui vous concerne, ô vous, les enfants critiques de Bouxwiller, car avec vous, ô enfants critiques de Baerenthal, c’est une chorégraphe, Marie-Anne Thil, qui en juin vous fera danser) et Marine Froeliger, vous allez rencontrer Emmanuel Rack, batteur-percussionniste !

Avec lui, vous inventerez une musique…de l’eau que vous interprèterez et enregistrerez !

Ces enregistrements viendront enrichir la maquette sonore des Vosges du Nord que sont en train de concocter nos camarades de 4èmeSEGPA aux côtés de Christian, leur enseignant et, bien sûr, Marine, notre plasticienne préférée !

À très vite,

Théâtralement vôtre,

Brigitte

Souvenirs d’eau des élèves de la classe ULIS du collège de Bouxwiller/Etape 2 : répétition , échange & atelier de pratique artistique

La bête bizarre  
« Quand j’étais petite, je suis allée à la rivière et il y avait une bête bizarre dans l’eau et je voulais sortir tout de suite. C’était une bête qui bougeait mais je n’ai pas réussi à voir ce que c’était. Je suis sortie de l’eau parce que j’ai eu peur ! J’y suis retournée quelques heures après et il y avait encore quelques chose j’ai appelé mes  parents ils sont venus et il n’y avait plus rien….. Après on est parti et on est revenu le soir mais il n’y avait plus rien. Le lendemain, je suis encore allée et il n’y avait toujours rien. »
Inès Benhenia, 4ème2 ULIS

Donatien à l’étang
« Un matin, quand j’étais à l’étang d’Imbsheim pour faire de la pêche, j’ai couru et je suis tombé dans l’eau car il y avait un crochet de canne à pêche au sol que je n’avais pas vu. À ce moment-là, j’ai vu passer  devant mes yeux une magnifique carpe !  Je suis ensuite sorti de l’eau et j’ai continué à pêcher et j’ai réussi à attraper une grosse truite. Mais, le fil a cassé en deux et j’ai dû réparer la ligne. Ma grosse truite est allée rejoindre la belle carpe que j’avais vue ! Je suis rentré à la maison un peu déçu….et j’ai pris une douche. L’après midi, on est à nouveau parti pêcher et on est allé au canal de  Hattmatt pour pêcher des truites et des fritures.  On a vu passer un bateau et j’ai réussi à attraper trois truites, six fritures et on est rentré. On a mangé mes truites ! Elles étaient bonnes ! »
Donatien Jacob, 5ème 4 ULIS

Dans mon jardin ça se passe comme ça !
« Dans l’ancienne maison à ZUTENDORF,  dans mon jardin,  j’avais une petite rivière. Avec mon frère Lucas, on jouait au foot et  je suis  tombée dans la rivière !  J’ai eu super peur et mon frère aussi !  Il a alors couru chercher mon papa ! 
Mon chat n’est pas comme les autres chats : il adore l’eau alors, un jour dans mon jardin, il a sauté dans l’eau. Il est sorti de l’eau, il  s’est secoué et il m’a éclaboussé. Dans mon jardin, ça se passe comme ça ! »
Lilou Forler Ruch, 6ème 2 ULIS

Le pédalo
« Quand J’étais  petite J’ai fait du pédalo avec ma mamie sur un lac. J’étais super contente et pendant ce temps mon papy s’est  promené avec le chien autour du lac. Depuis mon pédalo J’ai vu mon papy avec le chien. Mamie a fait coucou et elle a failli tomber  dans le lac parce qu’elle a oublié qu’elle était sur un pédalo, elle s’est mise debout.  Je suis retournée à l’hôtel avec ma mamie, mon papy et le chien. Je  suis allée à la piscine avec ma mamie et pendant ce temps mon papy s’est reposé avec le chien à côté de lui.  En rentrant on a mangé et on a dormi. Le lendemain matin je me suis promené avec le chien dans les champs. » 
Maud Pitzer, 6ème1 ULIS

L’énorme bête
« Un jour, ma sœur et moi, on est allé sur un étang faire du pédalo. Sur l’étang, on n’était pas tout à fait seuls … car sous l’eau il y avait une bête énorme qui fonçait sur nous ! Pouf ! Une secousse nous effraya et fit trembler tout le pédalo ! Waouh !! On  a eu peur … Chloé, ma petite sœur, a vu la bête mais en vérité la bête était un …brochet ! Sa gueule immense et effrayante croqua un bout du pédalo ! Alors, j’ai pris un bâton qui trainait  dans le pédalo et le brochet arriva à nouveau  sur nous  avec sa gueule grande ouverte. J’ai mis mon bâton pour le repousser et le brochet s’est accroché sur le bâton. J’étais paniqué et Chloé aussi … paf j’ai décidé alors d’embrocher le brochet ! Une fois arrivés sur terre ferme, on s’est dit avec ma sœur plus : jamais de pédalo sur un étang !! »
Ecrit et inventé par l’auteur Alexandre Hirsch-Lagas, classe 4 ème 2 ULIS

Les bouteilles dans les rivières
« Quand j’étais en Turquie, je suis allée à la rivière avec ma famille : on s’est  posé là-bas et on a mangé puis après je voulais aller  dans la rivière parce qu’il  faisait chaud puis je suis rentrée dedans !! C’est à ce moment que j’ai senti quelque chose me toucher les pieds, je suis directement sorti de l’eau, j’ai eu très peur !  Je l’ai tout de suite dit à ma famille,  ils sont allés voir et il y avait… une bouteille d’eau ! Et je trouve qu’il ne faut pas lancer les bouteilles dans les rivières, ça pollue la terre !  
Zivali Gamze,  3ème 2 ULIS

L’histoire de la vie quand j’étais petite
« Quand j’étais petite, j’avais cinq ans et j’habitais à Saverne. Quand on se promenait, on passait tout le temps devant le canal et je croyais qu’il y avait une baleine, parce que je croyais que c’était la mer mais en réalité c’était le canal parce que ma maman elle me l’avait expliqué.
Près de chez moi, il y a un étang.  Un jour, il y avait des poissons et on a pêché, on a mangé à midi le poisson. C’était trop bon !
Une fois, j’étais au Lac Achard à Strasbourg  avec ma maman, mon petit frère et ma mamie. On a rigolé dans l’eau, il y avait un toboggan mais il était fermé… du coup mon petit frère a pleuré !
Quand j’habitais à Saverne, on était au parc. En face du parc, il y avait  le canal et il y avait des pédalos. C’était ouvert,  du coup, on est parti  faire du pédalo : il y avait  quatre places alors il y avait moi, mon cousin, mon tonton et ma tatie.
Quand je suis allée chez mon papa et on est parti dans les Vosges au lac de Gérardmer. On a fait du bateau sur le lac : c’était trop cool sauf que je ne vois plus mon papa maintenant, c’est trop triste… »
Alicia Rapp, 6ème1 ULIS

Le grand poisson
« La première fois que j’étais dans la rivière, je nageais, je me suis arrêtée et entre mes jambes, j’ai vu un grand poisson : il était long et grand !
J’ai criée, j’ai nagé, nagé, je suis vite sortie de la rivière. Je suis partie et rentrée chez moi, car j’avais peur !
Le lendemain, je suis retournée avec un voisin pour attraper le grand poisson. Je suis allée dans l’eau et il est revenu. J’ai appelé mon voisin pour l’attraper, mais il est arrivé trop tard ! On l’a cherché, cherché, mais le grand poisson n’est jamais revenu…. On était triste. On est rentré.
Le lendemain, avec mon frère, cette fois-ci, on est retourné à la rivière. J’avais oublié le grand poisson. Mon frère est tombé dans la boue. On a bien rigolé ! Et on n’a plus jamais revu le grand poisson ! »
Layla Boukalaa, 6ème1 ULIS

Témoignages des Enfants critiques de la classe ULIS du collège de Bouxwiller/Etape 1 : la rencontre & l’atelier de pratique artistique


« J’ai tout aimé par ce que j’aime danser. Le meilleur moment, c’était quand il fallait imaginer quand on faisait de la  fausse peinture. Mes émotions ; j’étais timide au début mais à la fin  j’étais plus confiante. »
Layla BOUKALAA, 6ème 1 

« J’ai tout aimé, c’était bien. Mes émotions : je me suis bien sentie.
Mon meilleur moment : j’ai tout aimé ! »
Inès Benhénia, 4ème 2 ULIS

« Je n’ai juste pas aimé les figures ; comme pour faire les marionnettes.
J’ai aimé voir les autres faire les figures
Je me suis sentie timide de faire les figures »
Zivali Gamze, 3ème 2 ULIS

La danse  faite par Eric :
« Je n’ai pas trop aimé parce que c’est à cause de mon pied, je ne pouvais pas faire des figures.
J’ai aimé quand Eric a fait des figures. J’étais contente quand Eric a mis de la musique.
J’ai aimé la danse et c’était marrant et surtout quand on devait faire la photo finale.
Mon meilleur moment c’était quand on a fait l’échauffement.
Mes émotions : je me sentais joyeux. »
Donatien Jacob, 5ème 4 ULIS

« J’ai tout aimé : mon moment préféré c’était quand on a fait les échauffements avec la musique et il fallait passer aux autres le mouvement. Quand il fallait passer devant pour montrer, j’avais un peu le trac mais j’étais contente, c’était trop génial !
Alicia Rapp, 6ème1 ULIS

« Moi j’ai tout aimé car on avait plaisir à écouter  Eric. Moi j’ai tout aimé, ce n’était que des bons moments. J’ai pris plaisir à écouter Eric et j’étais confiant.
Yoan Bosch, 6ème 2 ULIS

« J’ai aimé et en même temps je n’ai pas aimé.
Le meilleur moment c’est quand j’ai vu les autres faire les figures.
Mes émotions : j’étais trop timide. »
Victoria Stiedel, 6ème 2 ULIS

Luc dévoile le secret de fabrication des mantecaos, l’incontournable goûter de la maison derrière les arbres.

Chaque fois que j’offre, à la fin d’une journée à la maison derrière les arbres, mes mantecaos sur un plateau, se trouve quelqu’un pour m’en demander la recette. Alors, j’ai décidé de vous la livrer ici, à l’avance.

Sur ta planche, forme un beau tas de farine, blanche.
Trempe-y tes deux mains et puis pose-les sur tes joues, ça te fera une belle mine…de clown. Tu auras alors envie de t’applaudir ; claque donc très fort des mains, ça fera un gros nuage blanc.
Creuse ensuite un puits dans ton tas de farine, avec tes doigts, un puits comme un moule, pour le sucre semoule.
Verse à présent un peu d’huile ; de l’huile, pas de l’eau ! De l’eau, ce serait plus rigolo, mais tu n’obtiendrais pas un mantecao ! Quand tu feras tes emplettes, choisis de l’huile de cacahuète !
Ajoute une pincée de sel fin, un rien du tout du tout de sel tout fin, disons, de perlimpinpin et puis un zeste de citron, râpé, oui, juste un zeste. D’ailleurs, répète donc dix fois : « juste un zeste » ! Si tu y arrives sans te tromper, tu auras le droit de déguster un deuxième mantecao.
Verse, pour finir, au sommet de ton joli tas, une gouttelette de fleur d’oranger, distillée.
Il te reste à mélanger le tout dans ton grand saladier et de tout rouler en boules, plein de boules, mais alors plein de boules, en forme…en forme, disons… en forme de mantecao.
Quand, dans le four, tes mantecaos craquellent, décore-les d’une pincée de cannelle, couleur de gazelle, ou le contraire si tu préfères.
Et maintenant, croque ! Tu verras, c’est un peu comme si tu goûtais une rose des vents cueillie au sable du désert, et qui exhalerait ses parfums d’oasis.

Bienvenue aux enfants critiques 2018/19 !

Salut les enfants critiques !
Bienvenue à La maison derrière les arbres !

Dans quelques jours, à votre retour de vacances, vous allez venir chez nous, dans notre théâtre, La maison derrière les arbres à Reipertswiller …

Nous allons partager une journée entière ensemble !

Quelques mots sur notre programme, histoire de vous mettre l’eau à la bouche…

Vous allez découvrir un théâtre et les personnes qui y travaillent tous les jours, à la réalisation, production et diffusion de spectacles : Rachel, Mathieu, Vincent, Luc…et moi, mais vous me connaissez déjà !

Vous allez assister à une répétition de notre tout nouveau spectacle On a barboté sur Marsà une étape de notre travail de création

Vous verrez Pierre, le comédien sur scène, puis vous le rencontrerez à l’occasion d’un échange à l’issue de la répétition.

Un échange dont nous attendons beaucoup, un échange avec vos questions et vos idées qui nous permettront d’avancer dans notre construction du spectacle, pensez, c’est la première fois que nous montrerons une étape de notre travail, vous serez donc nos premiers spectateur.trice.s, des spectateur.trice.s privilégié.e.s, des enfants critiques !

Nous aurons aussi, bien sûr, l’occasion de manger ensemble, n’oubliez pas vos casse-croûtes ! Le moment du repas est un moment de convivialité, aussi, pensez à vos camarades et apportez quelque chose à partager !

Puis, dans la deuxième partie de la journée, vous rencontrerez Marine, qui est une artiste plasticienne,  au cours d’un atelier de pratique artistique. Si vous avez des tabliers, apportez-les, si non, une vieille chemise d’adulte fera très bien l’affaire !

À présent chuuuuuuut, je ne vous en dis pas plus…

Je me réjouis de vous accueillir très bientôt dans notre théâtre !

À bientôt !

Brigitte

La maison derrière les arbres : pourquoi ce nom ?

 Il y a deux grands arbres ; un platane et un érable, et quelques arbustes ; des noisetiers, des lauriers. Derrière les arbres, une maison. On l’appelle : « La maison derrière les arbres ». Oui, c’est le nom qu’on a fini par donner à cette maison. A vrai dire, notre maison, c’est un petit théâtre. A Reipertswiller, il y a très peu de théâtres. Il y a très peu d’arbres aussi ; je veux dire, dans le village même, parce qu’autour, ce n’est pas ce qui manque ; il n’y a d’ailleurs que ça, des arbres, tout autour ; ils y forment des forêts, touffues et surtout très belles et très profondes. Quand on parle de forêts touffues et mystérieuses, on a toujours envie d’ajouter « impénétrables ». Mais ici, ce n’est pas le cas, les chemins y sont même particulièrement bien entretenus ; trop d’ailleurs, mais cela est une autre histoire. Quand on dit « La maison derrière les arbres », c’est pour faciliter la tâche de nos futurs spectateurs, bien-sûr, mais aussi pour se faire désirer un peu ; d’abord on leur suggère que les arbres sont des bons repères pour trouver le théâtre, et ensuite qu’il leur faut chercher un peu. Ce n’est donc pas pour nous vanter des arbres qui se trouvent devant la maison qu’on l’appelle ainsi ; d’ailleurs, des arbres, il y en a aussi derrière, et même en plus grand nombre ; rien que pour ça, on aurait aussi bien pu l’appeler « La maison devant les arbres » ; mais, ces fameux arbres de derrière, comme la maison les cache à la vue, ne pourraient pas servir de repère pour trouver la maison ! A moins de trouver la maison d’abord et, grâce à elle, de trouver les arbres. Mais cela n’aurait aucun intérêt, puisqu’on l’aurait déjà trouvée, la maison. A bien y réfléchir, cela n’a même aucun sens. Aussi, pour éviter ces stériles circonlocutions, avons-nous appelé notre théâtre : « La maison derrière les arbres ». 

Du balcon qui orne sa façade, on aperçoit, par temps clair, le château de Lichtenberg. Par temps humide, on le distingue aussi ; même mieux ; mais alors, seule sa silhouette se découpe sur le ciel blafard en une sorte de saillie minérale, émergeant des sombres frondaisons qui coiffent la colline. Il fume souvent, d’une brume blanchâtre. C’est un peu notre Popocatepetl à nous, vous savez, le célèbre volcan mexicain ; mais sans les figuiers de barbarie qui, là-bas, fleurissent la sierra de leurs taches rouge-sang. D’ailleurs, c’est le plus souvent par temps gris qu’on le voit, le « château de Lichtenberg », car cette vision n’est vraiment possible qu’en hiver ; car les arbres devant la maison sont encore dépourvus de feuilles. Pendant les trois saisons restantes, on ne voit plus le château. On pourrait alors, appeler le « Lichtenberg », « Le château derrière les arbres », mais ce serait assez vain car seule la vue depuis notre balcon, finalement assez réduite, pourrait justifier ce nom, et encore, dans le seul cas, assez improbable, où il n’en aurait pas déjà, de nom. Mais il en a déjà un, et ce depuis fort longtemps, largement connu de tous les autochtones. Si d’aventure, il vous prenait un jour de venir nous rendre visite, cherchant les arbres qui cachent la maison, et de tenter d’affirmer : « Tiens, voici les fameux arbres, la maison doit à coup sûr se trouver derrière », il vous faudrait d’abord vous mettre en quête de la boulangerie du village ; nous sommes voisins, elle et nous ; au point que nous avons pensé appeler la maison « La maison à côté de la boulangerie », ce qui, après mûre réflexion, nous a paru manquer de précision, et aussi de poésie. En effet, plusieurs maisons pouvant, autant que la nôtre, revendiquer ce statut, il eût alors été nécessaire d’ajouter : « La maison du côté gauche de la boulangerie » ou « La maison du côté droit de la boulangerie » sans pour autant gagner en poésie, bien au contraire, pas plus qu’en précision d’ailleurs puisque, immanquablement, certains esprits chagrins en auraient profité pour nous rétorquer que la droite et la gauche sont des notions bien subjectives ; qu’elles changent en fonction du côté où l’on se trouve ; et que, tant qu’on y est, la notion de côté aussi est sujette à caution, car si l’on admet que, par chez nous, les maisons, y compris les boulangeries, ont à peu près toutes quatre côtés, l’on peut également considérer la maison de derrière et celle d’en face comme des maisons d’à côté. Dans ce cas, pour faire taire définitivement toute polémique, aurions-nous dû préciser que, parmi toutes les maisons à côté de la boulangerie, seule la nôtre se trouve derrière des arbres ! Force est de convenir qu’en l’appelant tout simplement « La maison derrière les arbres », nous avons habilement évité ces écueils. Cette appellation cache une autre habileté ; celle de souligner à la fois le caractère extraordinaire de cette maison – car après tout, qui pense à donner un nom aux maisons ordinaires ? – tout en en  dissimulant, au premier abord, sa véritable fonction ; en effet, et nous en faisons notre conclusion, il eût été d’une triste banalité de nous entendre annoncer, par exemple : bienvenue à « La maison derrière les arbres », qui, comme son nom l’indique, est un théâtre.